
Noé rencontre aujourd’hui un co-fondateur du site E-works, Smaïl MAAKIK. Il évoque pour nous le recrutement en ligne et nous donne son avis sur la compétition entre jobboards et réseaux sociaux. Thomas Allaire nous parlait la semaine dernière de « match », Smaïl pense que les jobboards sont incontournables. Le débat est lancé !
Une petite présentation s’impose :
Je m’appelle Smaïl MAAKIK, co-fondateur du site emploi E-Works.fr, jobboard dédié aux métiers du webmarketing et du e-commerce. Nous proposons à nos candidats des offres d’emploi dans le web et le digital, et à nos recruteurs de trouver le candidat idéal. Au tout départ, j’ai commencé en tant que chargé de SEO / SEM en web agency, puis de Traffic Manager chez l’annonceur, de consultant webmarketing à mon compte et dernièrement Directeur Webmarketing chez l’annonceur également dans le e-commerce.
Par ailleurs, nous venons de lancer un blog emploi dédié aux métiers du web (avec des conseils pour faire la différence, rédiger sa lettre de motivation dans le web etc).
Comment êtes-vous tombé dans la marmite des ressources humaines ?
Le projet E-Works a été le fruit d’une rencontre : lorsque j’étais consultant webmarketing, j’ai rencontré le fondateur de la société, qui éditait un site emploi spécialisé dans les métiers de l’export. J’ai piloté à l’époque l’ensemble de la stratégie webmarketing du projet, et j’ai suggéré fortement au fondateur de lancer un deuxième site dans mon domaine de prédilection, où il existait une vraie demande sans acteur spécialisé : le webmarketing. C’est comme cela qu’est né E-Works.fr et que j’ai rejoins la société.
Comment, selon vous, le web 2.0 vient modifier les pratiques RH ?
Nous discutons beaucoup avec les recruteurs, et ils nous évoquent leurs difficultés à trouver les bons candidats. Je pense qu’au delà du web 2.0, ce sont les évolutions des postes et surtout les nouveaux métiers qui donnent du fil à retordre aux RH. C’est pour cela que beaucoup de cabinets de recrutement se sont spécialisés dans ce domaine. Mais la base reste la même : un candidat manifeste son intérêt pour un poste et présente sa candidature à un RH de la société. Que le candidat ait postulé suite à un tweet ou à un poke sur Facebook, fondamentalement, les choses n’ont que très peu changé, ce sont les moyens qui sont différents.
Qu’est-ce qu’apportent les jobboards ?
Beaucoup de gens pensent qu’avec l’avènement du social, les jobboards sont has been et n’ont plus de rôle à jouer. Bien au contraire, le jobboard est l’endroit où finalement les profils se rendent d’eux-mêmes pour manifester leur recherche d’emploi, c’est donc un vivier de profils en recherche active, plus souvent des juniors que des seniors. Et lorsque l’on voit la croissance de nos utilisateurs, on se dit que le le modèle jobboard est loin d’être fini.
Aujourd’hui, E-Works.fr publie régulièrement des offres d’emploi dans le domaine du e-commerce, c’est un secteur où il est difficile de recruter le bon profil, même junior. Nous avons travaillé notre audience de manière à attirer ces profils chez nous, et c’est un travail de longue haleine (webmarketing, partenariats, branding etc).
Mais surtout, nous travaillons et accompagnons nos recruteurs, afin de les aider au mieux dans leur recrutement, et cela passe par du conseil personnalisé. Notre rôle de jobboard spécialiste nous oblige à dépasser le simple diffuseur d’offre, pour proposer des services apportant une vraie valeur ajoutée aux recruteurs.
Allons-nous assister à une guerre entre les jobboards et les réseaux sociaux professionnels ?
Le constat est simple : les réseaux sociaux se mettent au « jobboard » et les sites emploi aux réseaux sociaux. Finalement, cela prouve bien que le modèle jobboard n’est pas si dépassé que cela mais plutôt qu’il évolue. On peut le voir avec l’exemple de Monster et son application BeKnow, il se murmurait même que LinkedIn souhaitait le racheter.
Aujourd’hui, lorsqu’un recruteur doit diffuser une offre d’emploi, il va la publier sur les jobboards, et va également rechercher des candidats potentiels sur les réseaux sociaux. Cela lui permet d’avoir un spectre plus large en terme de candidature.
Mais la vraie guerre résidera plutôt dans l’acquisition d’audience et au nombre d’utilisateurs, c’est le réel enjeu finalement, car si les deux tendent à proposer les mêmes services, celui qui tirera son épingle du jeu sera celui qui fédèrera le plus de membre pour monétiser ses services aux recruteurs.

