Pour la quatorzième interview de Noé, Frédéric Lesaulnier qui préside le groupe Elite RH nous parle de sa passion des ressources humaines mais aussi de l’impact des réseaux sociaux sur les entreprises et les candidats.
Une petite présentation s’impose :
Pour le dire simplement, je travaille avec les cabinets ressources humaines et les indépendants. Je regarde comment ils travaillent et j’analyse leurs méthodes. Cela me permet de concevoir de nouvelles manières de travailler qui prennent en compte l’apport des nouvelles technologies, des médias sociaux et des techniques du Marketing web. Pour assurer la coordination de mes différentes activités (Iforpro, Allocadre, GrandOuest Conseil), je m’appuie sur une société que j’ai créée et qui s’appelle Elite RH.
Comment êtes-vous tombé dans la marmite des ressources humaines ?
Quand j’ai rempli mon dossier d’inscription pour la Marine Nationale, le recruteur m’a dit « vous serez bon pour les Ressources Humaines » ! Alors j’ai signé, pour 20 ans ! En 2001, lorsque j’ai travaillé sur mon projet de reconversion, j’ai pris conscience que le secteur des RH correspondait bien à ce que j’aimais faire. Rechercher comment les motivations profondes d’un individu s’inscrivent dans sa démarche professionnelle m’a toujours passionné. Aujourd’hui je poursuis cette recherche en faisant le lien avec les nouvelles technologies, les réseaux sociaux et le monde du web en général.
Selon vous, le web 2.0 est-il une source de simplification de la gestion des ressources humaines ?
Le web 2.0 est potentiellement une source de simplification de la gestion des RH. En effet, on se rend compte que les médias sociaux imposent une certaine vision des Ressources Humaines : plus centrée autour de l’individu et de ses valeurs. C’est grâce aux outils logiciels (réseaux sociaux, applications web) et aux nouvelles plateformes (smartphones, tablettes) que les nouvelles pratiques se mettent en place. C’est seulement quand la génération Y arrivera aux manettes de décision que les changements seront puissants.
Comment les réseaux sociaux professionnels viennent bouleverser l’organisation interne de l’entreprise ?
Il y a un fossé entre les organisations 1.0 et les exigences du 2.0, voire du 3.0 ! Les changements sont avant tout culturels et sociétaux. La vie d’un salarié demain, sur son poste de travail, sera très différente. Que ce soit dans la qualité de la relation ou les modes de communication. Même le secteur de la production industrielle – plus tayloriste ! – sera impacté.
Quels sont, selon vous, les avantages des réseaux sociaux professionnels en matière de recrutement et de marque employeur ?
Les Réseaux Sociaux Professionnelles (RSP) sont devenus un vrai terrain de chasse pour les recruteurs. C’est comme une mine d’or ! Une mine d’or de compétences et de potentialités. Chaque membre de ces réseaux est potentiellement « débauchable » ! Pour travailler sa « désirabilité » professionnelle, il faut un profil bien construit, qui donne envie de faire connaissance.
Pour les entreprises, les RSP sont aussi un excellent vecteur pour diffuser de l’information et cultiver sa marque employeur. Je trouve qu’elles se servent assez peu de ces réseaux parce qu’elles n’ont pas pris conscience de leur influence.
Recruter efficacement via Facebook et Twitter est-ce vraiment possible aujourd’hui ?
Définitivement, un grand oui ! A condition d’avoir mis en place une procédure adaptée. La méthodologie de recherche reste très spécifique à chaque réseau. Les codes et les usages sont différents sur Facebook ou Twitter. La plupart des cabinets de recrutement continuent à pratiquer la méthode « à l’ancienne » ! Tout d’abord, parce que changer d’organisation peut être complexe mais aussi parce que beaucoup de candidats n’ont pas de compte ouvert. J’observe cependant une vraie évolution. Je suis régulièrement sollicité par ces cabinets pour les aider à réfléchir à leur passage à une stratégie « réseaux sociaux ».
Retrouvez le blog créé par Frédéric Lesaulnier: Revolution RH

